Invocations de la Omra : les textes authentiques, moment par moment
Les livrets de pèlerinage en contiennent des pages entières. Les textes que l’on peut rattacher avec certitude au Coran ou à un recueil de hadiths sont beaucoup moins nombreux. Voici ceux-là, dans l’ordre où vous les direz, avec leur source.

Quelles sont les invocations de la Omra ?
Les invocations rapportées pour la Omra sont peu nombreuses : la Talbiya depuis le miqat, l’invocation d’entrée dans la mosquée, le « Allâhu akbar » devant la Pierre noire, « Rabbanâ âtinâ » entre le coin yéménite et la Pierre noire, le verset du Maqam Ibrahim, puis les formules de Safa et Marwa. Entre ces moments, l’invocation est libre, en arabe ou en français.
La moitié des textes ci-dessous vient du long récit de Jabir ibn Abdallah, rapporté par Muslim, qui décrit le pèlerinage du Prophète (paix et bénédictions sur lui) pas à pas.
Ce que vous ne trouverez pas ici : une invocation différente pour chacun des sept tours du tawaf ou du sa’i. Ces listes circulent beaucoup, mais leur répartition par tour ne vient pas de la Sunna. Nous l’expliquons aussi sur notre page le tawaf.
Quel texte dire à quel moment ?
Le résumé, dans l’ordre de la Omra. Chaque texte est donné plus bas en arabe, en phonétique et en français.
| Moment | Invocation | Source |
|---|---|---|
| Depuis le miqat | Talbiya : « Labbayka Llâhumma labbayk… » | al-Boukhari 1549 |
| Entrée dans la mosquée | « Allâhumma ftah lî abwâba rahmatik » | Muslim 713 |
| Devant la Pierre noire | « Allâhu akbar » | al-Boukhari 1613 |
| Du coin yéménite à la Pierre noire | « Rabbanâ âtinâ fi d-dunyâ hasanatan… » | Abou Daoud 1892 ; Coran 2, 201 |
| Au Maqam Ibrahim | « Wa ttakhidhû min maqâmi Ibrâhîma muçallâ » | Muslim 1218 ; Coran 2, 125 |
| Deux rakaat | Sourates al-Kafiroun et al-Ikhlas | Muslim 1218 |
| En approchant de Safa | « Inna s-Safâ wa l-Marwata… », puis « Abda’u bimâ bada’a Llâhu bih » | Muslim 1218 ; Coran 2, 158 |
| Sur Safa et sur Marwa | « Lâ ilâha illa Llâhu wahdah… », trois fois, avec des invocations entre | Muslim 1218 |
| Sortie de la mosquée | « Allâhumma innî as’aluka min fadlik » | Muslim 713 |
Sources : Sahih al-Boukhari, Sahih Muslim, Sunan Abi Daoud (textes arabes vérifiés sur la copie en ligne sunnah.com) ; Coran, sourate 2.
Que dire du miqat jusqu’à la Kaaba ?
La Talbiya. Une fois l’intention formulée au miqat, le pèlerin la répète souvent, sur la route comme dans l’avion, jusqu’à son arrivée au tawaf. En entrant dans la Mosquée sacrée, il dit l’invocation d’entrée de toute mosquée, enseignée par le Prophète et rapportée par Muslim.
لَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَ، لَبَّيْكَ لَا شَرِيكَ لَكَ لَبَّيْكَ، إِنَّ الْحَمْدَ وَالنِّعْمَةَ لَكَ وَالْمُلْكَ، لَا شَرِيكَ لَكَLabbayka Llâhumma labbayk, labbayka lâ charîka laka labbayk, inna l-hamda wa n-ni’mata laka wa l-mulk, lâ charîka lak.« Me voici, ô Allah, me voici. Me voici, Tu n’as pas d’associé, me voici. La louange et le bienfait sont à Toi, ainsi que la royauté. Tu n’as pas d’associé. » Rapporté par al-Boukhari (1549), d’Ibn Omar.
Le moment exact où l’on cesse la Talbiya pendant la Omra, et la façon de formuler l’intention, sont expliqués sur notre page l’ihram.
اللَّهُمَّ افْتَحْ لِي أَبْوَابَ رَحْمَتِكَAllâhumma ftah lî abwâba rahmatik.« Ô Allah, ouvre-moi les portes de Ta miséricorde. » À dire en entrant dans la mosquée. Rapporté par Muslim (713).
Que dire pendant le tawaf ?
Deux textes seulement sont rattachés à un endroit précis du tawaf : le « Allâhu akbar » quand on passe devant le coin de la Pierre noire, et « Rabbanâ âtinâ » entre le coin yéménite et la Pierre noire. Pour le reste des sept tours, le pèlerin invoque librement, récite du Coran ou fait du dhikr.
Ibn Abbas raconte, dans al-Boukhari, que le Prophète fit un tawaf sur sa monture : chaque fois qu’il arrivait au coin de la Pierre noire, il faisait un geste vers lui et disait « Allâhu akbar ». Dans la foule, le pèlerin fait de même : un geste de la main, et le takbir.
اللَّهُ أَكْبَرُAllâhu akbar.« Allah est le plus grand. » À chaque passage devant la Pierre noire. Rapporté par al-Boukhari (1613), d’Ibn Abbas.
رَبَّنَا آتِنَا فِي الدُّنْيَا حَسَنَةً وَفِي الْآخِرَةِ حَسَنَةً وَقِنَا عَذَابَ النَّارِRabbanâ âtinâ fi d-dunyâ hasanatan wa fi l-âkhirati hasanatan wa qinâ ‘adhâba n-nâr.« Seigneur, accorde-nous une belle part en ce monde et une belle part dans l’au-delà, et protège-nous du châtiment du Feu. » Entre les deux coins, le yéménite et celui de la Pierre noire. Coran, sourate 2, verset 201 ; dit par le Prophète à cet endroit selon Abou Daoud (1892), d’Abdallah ibn as-Sa’ib, hadith jugé bon (hasan) par al-Albani.
Que réciter au Maqam Ibrahim et en buvant la Zamzam ?
Après le septième tour, le Prophète se dirigea vers le Maqam Ibrahim en récitant le verset « Wa ttakhidhû min maqâmi Ibrâhîma muçallâ », puis pria deux rakaat en lisant les sourates al-Kafiroun et al-Ikhlas, selon le hadith de Jabir rapporté par Muslim. Pour la Zamzam, aucune formule n’est fixée : on boit en invoquant pour ce que l’on souhaite.
وَاتَّخِذُوا مِنْ مَقَامِ إِبْرَاهِيمَ مُصَلًّىWa ttakhidhû min maqâmi Ibrâhîma muçallâ.« Prenez le lieu où se tint Ibrahim comme lieu de prière. » Coran, sourate 2, verset 125 ; récité par le Prophète en allant au Maqam, selon Muslim (1218).
Les deux rakaat se prient derrière le Maqam si l’espace le permet, ailleurs dans la mosquée sinon. Le hadith cite les deux sourates lues dans ces rakaat, après la Fatiha : al-Ikhlas (« Qoul houwa Llâhou ahad ») et al-Kafiroun (« Qoul yâ ayyouhâ l-kâfiroun »). Ce détail est donné par l’un des transmetteurs du récit, qui le rattache au Prophète.
Pour la Zamzam, Ibn Maja rapporte de Jabir : « Mâ’u Zamzama limâ churiba lah », « l’eau de Zamzam vaut pour ce pour quoi on la boit » (مَاءُ زَمْزَمَ لِمَا شُرِبَ لَهُ). L’authenticité de ce hadith est discutée : certains spécialistes le jugent acceptable, d’autres faible, à cause d’un de ses transmetteurs. Nous le citons avec cette réserve. Il ne fixe pas de formule ; il invite à boire avec une intention.
Que dire à Safa et à Marwa ?
En approchant de Safa, le Prophète récita « Inna s-Safâ wa l-Marwata min cha’â’iri Llâh » et dit « Je commence par ce par quoi Allah a commencé ». Monté sur Safa, face à la Kaaba, il proclama l’unicité et la grandeur d’Allah par une formule précise, trois fois, en invoquant entre chaque répétition. Il fit de même sur Marwa.
إِنَّ الصَّفَا وَالْمَرْوَةَ مِنْ شَعَائِرِ اللَّهِ، أَبْدَأُ بِمَا بَدَأَ اللَّهُ بِهِInna s-Safâ wa l-Marwata min cha’â’iri Llâh. Abda’u bimâ bada’a Llâhu bih.« Safa et Marwa font partie des rites d’Allah. » Coran, sourate 2, verset 158. Puis : « Je commence par ce par quoi Allah a commencé. » En approchant de Safa, au début du sa’i. Rapporté par Muslim (1218).
لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، لَهُ الْمُلْكُ وَلَهُ الْحَمْدُ، وَهُوَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ، لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ، أَنْجَزَ وَعْدَهُ، وَنَصَرَ عَبْدَهُ، وَهَزَمَ الْأَحْزَابَ وَحْدَهُLâ ilâha illa Llâhu wahdahu lâ charîka lah, lahu l-mulku wa lahu l-hamd, wa huwa ‘alâ kulli chay’in qadîr. Lâ ilâha illa Llâhu wahdah, anjaza wa’dah, wa naçara ‘abdah, wa hazama l-ahzâba wahdah.« Il n’y a de divinité qu’Allah, Seul, sans associé. À Lui la royauté, à Lui la louange, et Il est capable de toute chose. Il n’y a de divinité qu’Allah, Seul. Il a tenu Sa promesse, Il a donné la victoire à Son serviteur, et Il a vaincu seul les coalisés. » Sur Safa puis sur Marwa, face à la Kaaba, trois fois, avec des invocations libres entre les répétitions. Rapporté par Muslim (1218), hadith de Jabir.
Le verset et la phrase « Abda’u bimâ bada’a Llâhu bih » se disent en arrivant à Safa pour la première fois, pas à chaque parcours. Entre les deux collines, le pèlerin invoque librement. Certains livres citent une formule pour ce trajet ; elle est rapportée de Compagnons, pas du Prophète, et nous ne l’avons pas retenue ici. Le déroulé complet du rite est sur notre page le sa’i entre Safa et Marwa.
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَAllâhumma innî as’aluka min fadlik.« Ô Allah, je Te demande de Ta grâce. » En sortant de la mosquée, une fois la Omra terminée. Rapporté par Muslim (713).
Sources : Sahih Muslim 713 et 1218 ; Sunan Ibn Maja 3062 ; Coran, sourate 2, versets 125 et 158.
Comment se préparer à invoquer pendant la Omra ?
- Apprendre les textes courtsLe takbir, « Rabbanâ âtinâ » et la Talbiya s’apprennent en quelques jours. Le reste peut se lire.
- Écrire sa liste de demandesLes proches demandent souvent « pense à moi là-bas ». Une liste écrite avant le départ évite d’oublier quelqu’un devant la Kaaba.
- Baisser la voixLes invocations récitées en groupe, à voix forte, couvrent celles des autres. Chacun parle à son Seigneur.
Pourquoi s’en tenir aux textes dont la source est connue ?
Parce que le temps devant la Kaaba est court, et qu’il vaut mieux le passer à dire ce qui a été transmis, ou à demander sincèrement ce dont on a besoin. L’invocation libre n’a rien de secondaire : les formules transmises servent de repères, votre cœur fait le reste.
Si vous préparez votre départ, notre liste de valise pour la Omra vous aidera à ne rien oublier, et la page Omra via Nusuk reprend les démarches et le permis.
Questions fréquentes
Faut-il connaître les invocations par cœur ?
Non. Aucune des invocations de la Omra n’est une condition de validité. On peut les lire sur un papier ou sur son téléphone, ou invoquer avec ses propres mots. Les apprendre avant le départ permet simplement de garder les yeux sur la Kaaba plutôt que sur un écran.
Peut-on invoquer en français pendant le tawaf ?
Oui. En dehors des formules transmises, l’invocation libre se fait dans la langue que l’on comprend. Beaucoup de pèlerins mêlent les deux : la formule arabe là où elle est rapportée, puis leurs demandes personnelles en français.
Les livrets avec une invocation par tour sont-ils faux ?
Leurs textes ne sont pas forcément mauvais en eux-mêmes, mais leur attribution à un tour précis n’est pas rapportée du Prophète. On peut s’en inspirer comme d’invocations libres, sans croire que le tour serait incomplet sans elles.
Faut-il lever les mains à Safa et Marwa ?
Le hadith de Jabir rapporté par Muslim dit que le Prophète montait sur Safa jusqu’à voir la Kaaba, se tournait vers elle et prononçait les formules d’unicité et de grandeur avant d’invoquer. Ce récit ne décrit pas la position des mains : demandez au guide de votre groupe la pratique de votre école.
Que dire en voyant la Kaaba pour la première fois ?
Aucune formule authentique n’est fixée pour ce moment par les textes retenus ici. C’est un moment d’invocation libre : beaucoup de pèlerins remercient Allah et demandent ce qu’ils ont de plus cher, pour eux et pour leurs proches.