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Le sa’i entre Safa et Marwa

Après l’émotion du tawaf, le pèlerin quitte l’esplanade de la Kaaba pour une longue galerie de marbre. Sept parcours entre deux collines, sur les pas d’une mère qui cherchait de l’eau pour son enfant.

Pèlerins dans la Mosquée sacrée de La Mecque, près des galeries du sa'i

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Qu’est-ce que le sa’i ?

Le sa’i est le rite qui consiste à parcourir sept fois la distance entre les collines de Safa et de Marwa, dans la Mosquée sacrée de La Mecque, en commençant à Safa et en terminant à Marwa. Il se fait après un tawaf, pendant le Hajj comme pendant la Omra, et commémore la course de Hajar à la recherche d’eau pour son fils Ismaël.

« Safa et Marwa sont vraiment parmi les rites sacrés d’Allah », dit le Coran (sourate 2, verset 158). Hajar, laissée avec son nourrisson dans une vallée sans eau, courut d’une colline à l’autre en guettant un secours. La source de Zamzam jaillit alors aux pieds de l’enfant. Le sa’i n’est pas une simple marche : c’est l’effort sincère de celui qui fait tout ce qu’il peut, et s’en remet à Dieu pour le reste.

Combien de parcours ?

Le sa’i compte sept parcours simples, pas sept allers-retours. De Safa à Marwa : un. De Marwa à Safa : deux. Et ainsi de suite jusqu’au septième, qui se termine à Marwa. Avec environ 400 mètres entre les deux collines, cela représente un peu moins de 3 kilomètres.

Comment faire le sa’i, étape par étape

  1. Monter sur SafaOn récite « Inna s-safâ wa l-marwata min sha’â’iri llâh », on se tourne vers la Kaaba, on dit Allâhu akbar et on invoque, les mains levées.
  2. Marcher vers MarwaEn invoquant librement. Entre les deux repères lumineux verts, les hommes pressent le pas ; les femmes marchent normalement.
  3. À MarwaOn se tourne vers la Kaaba et on invoque comme à Safa. C’est le premier parcours.
  4. Jusqu’au septièmeOn alterne jusqu’à terminer à Marwa. Pour la Omra, viennent ensuite le rasage ou la coupe des cheveux.

La description des invocations à Safa et à Marwa vient du long hadith de Jabir sur le pèlerinage du Prophète, rapporté par Mouslim.

Que dire pendant le sa’i ?

Sur Safa et sur Marwa, le Prophète (paix et bénédictions sur lui) proclamait l’unicité d’Allah : « Lâ ilâha illa llâhu wahdahu lâ sharîka lah, lahu l-mulku wa lahu l-hamd, wa huwa ‘alâ kulli shay’in qadîr », trois fois, avec des invocations entre chaque, selon le hadith de Jabir.

Entre les deux collines, aucune formule n’est imposée. On fait du dhikr (Subhâna llâh, al-hamdu li-llâh, Allâhu akbar), on récite du Coran, on demande pardon, on invoque pour ses parents, ses enfants, ceux qui sont restés en France et qui ont demandé une prière.

Pilier ou obligation : ce que disent les écoles

Pour les malikites, les chafiites et les hanbalites, le sa’i est un pilier : sans lui, le Hajj ou la Omra n’est pas valide. Pour les hanafites, c’est une obligation dont l’omission se compense par un sacrifice. Dans tous les cas, on ne le néglige pas.

Autre point qui rassure beaucoup de pèlerins : la majorité des savants ne font pas de la pureté rituelle une condition du sa’i. Les ablutions sont recommandées, mais celui qui les perd en route termine son sa’i. Et une femme dont les règles surviennent après le tawaf peut accomplir le sa’i.

Quand faire le sa’i pendant le Hajj ?

Cela dépend du type de Hajj. Celui qui fait le Hajj tamattu accomplit un sa’i pour sa Omra à l’arrivée, puis un second sa’i pour le Hajj après le tawaf al-ifada. Celui qui fait le Hajj ifrad ou qiran peut accomplir le sa’i du Hajj dès son arrivée, après le tawaf al-qudum, et n’a alors pas à le refaire.

Les erreurs fréquentes

  • Compter les allers-retours au lieu des parcours, et finir à Safa avec quatorze trajets dans les jambes.
  • Courir sur toute la distance : on ne presse le pas qu’entre les repères verts, et seulement pour les hommes.
  • Commencer à Marwa : le premier parcours part toujours de Safa.
  • S’arrêter au milieu du passage pour attendre un proche, au lieu de se mettre sur le côté.

En fauteuil roulant

La galerie du sa’i est couverte, climatisée et répartie sur plusieurs niveaux, avec des voies réservées aux fauteuils. Un proche peut pousser le fauteuil, ou un service sur place. Pour une personne âgée, c’est souvent plus simple que le tawaf.

Plus intime que le tawaf

Moins spectaculaire que le tawaf, le sa’i laisse plus de place à l’intériorité. Pas de foule qui tourne autour d’un même point, mais une longue marche, presque en ligne droite, où l’on a le temps de penser à ce que l’on demande. Hajar n’avait ni carte ni certitude. Elle avait la confiance. Chaque parcours le rappelle.

Questions fréquentes

Quelle est la distance entre Safa et Marwa ?

Environ 400 mètres. Les sept parcours du sa’i représentent donc un peu moins de 3 kilomètres de marche, dans une galerie couverte et climatisée, répartie sur plusieurs niveaux.

Combien de fois faut-il faire le sa’i ?

Sept parcours simples, pas sept allers-retours : Safa vers Marwa compte pour un, Marwa vers Safa pour deux, et ainsi de suite. Le septième parcours se termine à Marwa.

Le sa’i est-il obligatoire ?

Oui. Pour les malikites, les chafiites et les hanbalites, c’est un pilier du Hajj et de la Omra, sans lequel ils ne sont pas valides. Pour les hanafites, c’est une obligation dont l’omission se compense par un sacrifice.

Faut-il avoir ses ablutions pour le sa’i ?

Non, selon la majorité des savants : la pureté rituelle est recommandée pour le sa’i mais n’est pas une condition, contrairement au tawaf. Une femme qui a ses règles après le tawaf peut donc accomplir le sa’i.

Peut-on faire le sa’i en fauteuil roulant ?

Oui. Le parcours est aménagé pour les personnes âgées et à mobilité réduite, avec des voies dédiées. Le fauteuil peut être poussé par un proche ou par un service présent sur place.

لَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَلَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَلَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَلَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَلَبَّيْكَ اللَّهُمَّ لَبَّيْكَ

Après le sa’i

Pour la Omra, le rasage ou la coupe des cheveux. Pour le Hajj, le grand jour approche : Arafat.